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Actualité - csb - 21 avril 2022

Quatorze mois sans salaire, les ouvriers permanents de la mairie centrale interpellent les autorités de la Transition

Voilà maintenant quatorze mois que les ouvriers permanents de la mairie centrale de Ouagadougou disent travailler sans salaire. Malades, affamés, sans le moindre sou et bientôt proches de l’âge de la retraite pour certains, les 418 ouvriers, que disons-nous, les 391 ouvriers parce que 27 vies emportées par la grande faucheuse, se sont retrouvés à la bourse du travail ce mercredi 20 avril 2022 pour interpeller les autorités de la Transition sur leur situation de vie et de travail. Nouphe Bamogo, responsable national chargé de la gestion des conflits de travail à la Confédération syndicale burkinabè (CSB), l’une des six centrales du Burkina Faso, que nous avons rencontrons sur place, s’est fait le porte-voix des ouvriers. Lisez !

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Selon Nouphe Bamogo, responsable national chargé de la gestion des conflits de travail à la Confédération syndicale burkinabè (CSB), les ouvriers de la mairie centrale de Ouagadougou se sont retrouvés encore pour interpeller les nouvelles autorités sur leurs conditions de vie qui ne font que s’effriter de jour en jour.

« Depuis l’avènement de l’ex-maire, Armand Béouindé, ces ouvriers ont demandé que leur carrière puisse être régularisée eu égard aux lois, notamment la loi 03 qui régit les collectivités territoriales ; la loi 028 qui régit le code du travail ; la constitution du Burkina Faso et enfin la déclaration universelle des droits de l’Homme qui fait la promotion des meilleures conditions de vie et de travail de tout être », dit-il.

Prenant donc pour fondement ces ensembles de lois et de textes, et s’appuyant sur la durée du temps de travail effectuée (depuis 1995) et que les ouvriers continuent d’effectuer à la mairie, du lundi au samedi, Nouphe Bamogo estime que ces derniers, dont le plus âgé a 76 ans, ont un statut de permanent.

Rencontre infructueuse

Le responsable national chargé de la gestion des conflits de travail à la CSB fait aussi savoir que l’ex-maire a eu à rencontrer une délégation des travailleurs. Mais la proposition de l’ex-bourgmestre « est une proposition inacceptable », déplore-t-il avant d’être plus explicite :

« Tu ne peux pas travailler pendant 27 ans et au moment où tu réclames qu’on revoie ta carrière, le maire te dit d’aller te constituer en association et de revenir ». Les ouvriers, poursuit-il, « ont purement et simplement demandé à l’ex-maire de faire ressortir la loi qui autorise cette mutation ».

La loi dit, informe-t-il, « lorsque vous embauchez un travailleur, vous, en tant qu’employeur, avez 90 jours (trois mois) pour formuler par écrit le contrat de travail. Passé ce délai, la loi dit que le contrat est réputé définitif ».

Et de continuer avec une seconde loi inscrite dans le code du travail. « La deuxième loi dit que lorsque vous embauchez un travailleur, le code de sécurité sociale vous fait obligation sous huitaine d’immatriculer ces personnes au niveau de la CNSS. Si au bout de 90 jours l’employeur ne donne pas les contrats, d’office la loi dit que ce sont des contrats verbaux définitifs », affirme aussi M. Bamogo.

Une vue des ouvriers présents à la bourse du travail.

Attentes vis-à-vis des nouvelles autorités

Des dires de Nouphe Bamogo, les travailleurs attendent des nouvelles autorités, notamment de la délégation spéciale qu’elles puissent se saisir du dossier. Toutefois, il tient à préciser un fait. « Lorsqu’on dit que dans les zones du Nord des fils ont pris des armes contre leur patrie, il faut se poser la question pourquoi ces mêmes fils ont pris les armes contre la patrie. C’est qu’à quelque part, il y a une violation.

Si à Ouagadougou, 418 personnes et on peut dénombrer trois êtres par famille, nous serons à plus de 1 400 âmes. Imaginez-vous ces 1 400 âmes, 14 mois sans salaire ! On ne le souhaite pas, mais si aujourd’hui ces personnes deviennent une menace pour la capitale !? », attire-t-il l’attention.

Qui sont-ils, combien sont-ils maintenant ?

Si l’on en croit le propos de Nouphe, au départ ils étaient 418. Mais il y a deux semaines, l’on a enregistré un 27e décès en leur rang. « Ces ouvriers sont des ouvriers permanents, ce n’est pas la brigade verte. La brigade verte a une convention de partenariat tacite avec la mairie, qui peut s’arrêter à tout moment. Alors qu’eux, ce sont des travailleurs permanents qui exercent dans plusieurs domaines », tient-il encore à préciser.

De ces domaines, l’on note des paysagistes (qui coiffent les fleurs sur les terre-pleins centraux des voies, dans l’enceinte de la mairie centrale…) ; une composante qui taille les arbres, qui trient les ordures au centre d’enfouissement technique d’ordures à Toudoubwéogo ; ceux qui sont chargés de disposer les enseignes lumineuses à l’approche des fêtes de fin d’années. « Il y a au moins près de dix sites, et c’est à partir de ces sites qu’on constitue ce nombre », indique-t-il.

Nouphe Bamogo met par ailleurs au défi quiconque voudrait faire savoir à l’opinion publique que ces ouvriers sont des occasionnels. « La mairie dans sa communication essaie de faire croire au peuple burkinabè que ces ouvriers sont des occasionnels, que c’est par pointage.

Nous, nous les mettons au défi. Qu’elle puisse envoyer les fiches de pointage des trois dernières années et présenter au peuple. Parce que le pointage suppose qu’à chaque arrivée l’on doit émarger ; de même qu’à la descente », lance-t-il.

Tambi Serge Pacôme ZONGO

Burkina 24 

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